Dette : l’UEMOA active son Fonds de stabilité financière - FINECO Dette : l’UEMOA active son Fonds de stabilité financière - FINECO

Dette : l’UEMOA active son Fonds de stabilité financière

Angola : la dette publique atteint 71,8 milliards de dollars, Luanda accélère son désendettement LUANDA – La dette publique de l'Angola s'est établie à 65 800 milliards de kwanzas, soit environ 71,8 milliards de dollars, au premier semestre 2026, représentant 51,24 % du produit intérieur brut (PIB), selon les données présentées lundi 20 juillet par le secrétaire d'État aux Finances et au Trésor, Ottoniel dos Santos. La dette extérieure concentre l'essentiel du stock, avec 46 500 milliards de kwanzas, équivalant à 50,7 milliards de dollars. La dette intérieure s'élève, pour sa part, à 19 300 milliards de kwanzas. Si le niveau d'endettement reste élevé, sa trajectoire marque une nette amélioration par rapport au pic enregistré ces dernières années, alors que Luanda cherche à réduire sa vulnérabilité au refinancement et aux chocs sur les recettes pétrolières. La structure des créanciers évolue également. Selon Dorivaldo Teixeira, directeur général de l'Unité de gestion de la dette publique (UGD), le marché domestique représente environ 29 % de l'encours et demeure le principal créancier du pays. Le Royaume-Uni arrive ensuite, notamment à travers les émissions d'euro-obligations, tandis que la Chine voit sa part reculer de 19 % à 17 %. La baisse de l'exposition chinoise constitue l'un des principaux changements du portefeuille de dette angolais. « La dette envers la Chine est en baisse, en particulier celle garantie par le pétrole, qui représente environ 6,8 milliards de dollars », a expliqué M. Teixeira. Cette évolution traduit les efforts de Luanda pour réduire sa dépendance à des financements adossés aux recettes pétrolières et diversifier ses sources de financement. L'Angola a également retrouvé cette année l'accès aux marchés internationaux de capitaux. Deux émissions d'euro-obligations réalisées en mars et en mai ont permis au pays de lever environ 4 milliards de dollars. Une partie des fonds a servi à rembourser par anticipation 1,2 milliard de dollars de dette existante, une opération destinée à améliorer la structure du portefeuille et à limiter le risque de refinancement à court terme. Pour les autorités, ces opérations témoignent d'un changement dans la gestion de la dette. Le refinancement sur les marchés internationaux, combiné au développement du marché domestique, permet de rééquilibrer progressivement la répartition des créanciers et de réduire la concentration des risques. Selon M. Teixeira, cette évolution résulte notamment du renforcement des capacités de refinancement interne, des progrès institutionnels et d'une plus grande ouverture des marchés obligataires internationaux. La trajectoire de désendettement engagée par Luanda s'appuie sur plusieurs années de consolidation budgétaire. Les excédents primaires enregistrés depuis 2018 ont contribué à ramener la dette publique de 116 % du PIB en 2020 à environ 52 % en 2025, selon la Banque mondiale. Cette baisse reste toutefois exposée aux performances du secteur pétrolier, qui demeure la principale source de recettes publiques et de devises du pays. La gestion du risque de change, le coût du service de la dette et la capacité à maintenir l'accès aux marchés financiers internationaux restent donc des paramètres déterminants pour la soutenabilité des finances publiques. Pour 2026, le gouvernement prévoit de poursuivre l'assainissement budgétaire tout en maintenant les dépenses nécessaires au financement des priorités économiques et sociales. Luanda cherche ainsi à maintenir un équilibre délicat entre discipline budgétaire et besoins d'investissement, dans un contexte où la réduction de la dette doit aller de pair avec la diversification de l'économie. L'objectif est désormais de consolider les gains enregistrés ces dernières années et de préserver la stabilité macroéconomique. Pour l'Angola, la priorité financière consiste à poursuivre la baisse du ratio d'endettement, tout en sécurisant des conditions de financement soutenables et en limitant l'exposition aux chocs extérieurs.

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a publié une note selon laquelle le Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a adopté les textes permettant l’opérationnalisation du Fonds de stabilité financière de l’Union monétaire ouest-africaine (FSF-UMOA). La décision a été prise lors de la 2e session ordinaire de l’organe, organisée le vendredi 3 juillet à Ouagadougou, au Burkina Faso.

L’UMOA franchit une nouvelle étape dans le renforcement de son architecture financière. En effet, les ministres des Finances ont validé l’opérationnalisation de son Fonds de stabilité financière, un mécanisme destiné à apporter un soutien d’urgence aux pays confrontés à des tensions sur leur dette souveraine.

Institué en mai 2012 par le Conseil des ministres de l’UMOA, ce mécanisme n’était jusqu’ici jamais entré en phase opérationnelle. Son activation survient dans un contexte où plusieurs pays de l’Union font face à un alourdissement de leur endettement et à un accès plus coûteux aux marchés de capitaux, sous l’effet du resserrement des conditions financières internationales et des besoins de financement liés aux défis sécuritaires comme budgétaires.

Le FSF-UMOA a pour vocation d’apporter une assistance financière d’urgence à tout État membre confronté à un risque de défaut de paiement sur les marchés financiers. Son champ d’intervention est toutefois strictement encadré : les ressources du Fonds ne pourront être utilisées que pour assurer le service de la dette publique émise sous forme de bons ou d’obligations, qu’il s’agisse du marché régional des titres publics ou des marchés internationaux.

Le dispositif est conçu comme un instrument de soutien de court terme. Les financements accordés devront être remboursés dans un délai maximal de cinq ans, selon des modalités adaptées à la situation financière de chaque pays bénéficiaire. Le Fonds est logé dans les livres de la BCEAO, tout en restant juridiquement distinct des capitaux propres de la banque centrale. Cette architecture vise à préserver l’indépendance de l’institut d’émission, tout en lui permettant d’assurer la gestion technique du mécanisme.