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Liberia : Le FMI ouvre la voie à $ 50 millions

Le Fonds monétaire international (FMI) a conclu un accord au niveau des services avec le Liberia, ouvrant la voie à un décaissement potentiel de 50 millions de dollars destiné à soutenir la stabilité macroéconomique du pays et à renforcer sa résilience face aux chocs climatiques et sanitaires.

L’accord, annoncé mardi 28 juillet, porte sur la quatrième revue du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) et la première revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Il doit encore recevoir l’aval du conseil d’administration du FMI, dont l’examen est prévu fin septembre 2026.

En cas d’approbation, Monrovia pourrait bénéficier de 26,1 millions de dollars au titre de la FEC et de 23,9 millions de dollars dans le cadre de la FRD, soit un financement cumulé de 50 millions de dollars. Pour les autorités libériennes, ces ressources constituent un apport financier important alors que le pays cherche à préserver ses équilibres budgétaires tout en finançant des réformes structurelles.

Le FMI estime que l’économie libérienne continue de résister aux tensions géopolitiques et à la volatilité des prix de l’énergie. Selon l’institution, la gestion macroéconomique prudente menée par les autorités a permis de renforcer la résilience économique et financière du pays. Les performances du programme restent globalement conformes aux objectifs quantitatifs, tandis que les résultats budgétaires dépassent les prévisions.

La croissance du PIB réel devrait accélérer à 5,5 % en 2026, contre 5,1 % en 2025. Cette progression devrait être portée par l’activité minière, la construction et l’industrie manufacturière, trois secteurs appelés à jouer un rôle déterminant dans la diversification de l’économie et la création de revenus.

Cette dynamique pourrait toutefois être confrontée à une nouvelle pression inflationniste. Après avoir atteint une moyenne de 4,5 % au premier semestre, l’inflation devrait remonter à environ 6 % à court terme, notamment sous l’effet des répercussions de la guerre au Moyen-Orient et de ses conséquences sur les prix de l’énergie.

Le Liberia garde ses finances sous contrôle

Sur le front budgétaire, les indicateurs restent favorables. L’excédent primaire, hors dons, devrait atteindre 2,4 % du PIB en 2026. Le FMI attribue cette performance à une amélioration de la mobilisation des recettes publiques et au maintien d’une discipline budgétaire stricte.

Pour Monrovia, l’enjeu est désormais de préserver cette trajectoire tout en répondant aux besoins élevés de financement du développement. La capacité à accroître les recettes domestiques et à contenir les dépenses improductives reste déterminante pour réduire la vulnérabilité du pays aux financements extérieurs.

Le Fonds a également salué les avancées réalisées dans le cadre de la FRD. Les autorités libériennes ont notamment créé une base de données nationale permettant de suivre en continu les coûts budgétaires associés aux catastrophes naturelles. Cette réforme doit améliorer la capacité du gouvernement à anticiper les risques climatiques et sanitaires et à mieux intégrer leur coût dans la planification budgétaire.

Le programme actuel s’inscrit dans un partenariat financier engagé en septembre 2024. Le Liberia bénéficie d’un accord de 40 mois au titre de la FEC, représentant environ 210 millions de dollars, destiné à consolider la stabilité macroéconomique et à accompagner les réformes structurelles.

En avril 2026, le FMI avait par ailleurs approuvé un financement d’environ 265 millions de dollars au titre de la FRD pour soutenir les politiques de résilience climatique et de préparation aux pandémies.

L’accord conclu au niveau des services constitue donc une nouvelle étape dans le déblocage de ces financements. Il envoie également un signal aux autres bailleurs et investisseurs sur la trajectoire économique du Liberia. Pour Monrovia, le défi sera désormais de transformer cette stabilité macroéconomique en croissance durable, tout en protégeant les équilibres budgétaires face aux chocs extérieurs et aux besoins croissants d’investissement.