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Nigeria : le fisc annonce une nouvelle grille d’imposition sur les cryptomonnaies

Le Nigeria met fin à l’incertitude fiscale qui entourait jusqu’ici les actifs virtuels. Le Nigeria Revenue Service (NRS) a publié lundi 3 août de nouvelles règles encadrant l’imposition des opérations sur les cryptomonnaies, imposant des obligations d’enregistrement, de déclaration et de prélèvement aux investisseurs comme aux plateformes.

Le dispositif, prévu par la loi fiscale de 2025 entrée en vigueur en janvier, couvre désormais les principales activités du marché : achat, revente, minage, staking, finance décentralisée et commissions des plateformes. Une même transaction peut ainsi être soumise à plusieurs prélèvements, avec notamment un droit de timbre de 1,5 % à l’achat et à la revente, une retenue à la source de 1 % sur les cessions et un impôt sur les bénéfices pouvant atteindre 30 % pour les entreprises.

Le numéro fiscal devient désormais le sésame pour accéder aux services liés aux actifs virtuels. Aucun compte ne pourra être activé sans identifiant fiscal, y compris sur les plateformes de gré à gré, très utilisées pour échanger directement des nairas contre des jetons.

Les prestataires devront également prélever certaines taxes directement sur les transactions. Les revenus issus du minage, du staking et de la finance décentralisée sont soumis à une retenue de 10 %, tandis que les commissions perçues par les plateformes supportent une TVA de 7,5 %.

La pression financière ne s’arrête pas aux contribuables. Une plateforme qui ne respecte pas les nouvelles obligations risque une amende de 10 millions de nairas, suivie d’une pénalité de 1 million de nairas par mois de retard. La simple détention de cryptomonnaies et les transferts entre portefeuilles appartenant au même propriétaire restent toutefois exclus du dispositif.

Cette offensive fiscale s’inscrit dans une réorganisation plus large de la supervision du secteur. Le président Bola Tinubu a signé le 17 juillet un décret créant un Conseil des actifs virtuels placé sous la présidence de la Banque centrale du Nigeria (CBN), avec le fisc et la Securities and Exchange Commission (SEC) à la vice-présidence.

Pour Abuja, l’objectif est de mettre fin à une surveillance fragmentée du marché et de limiter les risques de blanchiment de capitaux tout en sécurisant les recettes fiscales. Dans l’un des plus grands marchés africains de cryptomonnaies, la fiscalité devient ainsi un nouvel instrument de formalisation du secteur.