Inclusion numérique : Mozambique mise sur 300 localités connectées
Le Mozambique veut accélérer le déploiement de ses infrastructures télécoms pour connecter au moins 300 localités supplémentaires dans les prochaines années, un effort destiné à réduire une fracture numérique qui continue de limiter le potentiel économique du pays.
L’objectif, annoncé le 17 août par le ministère des Communications et de la Transformation numérique, prévoit également le raccordement de 4 000 écoles et la création d’environ 10 000 nouveaux points d’accès aux réseaux 4G et 5G. Le gouvernement affirme avoir déjà connecté 149 localités et 418 établissements scolaires.
L’enjeu est considérable pour une économie où l’accès à Internet reste faible. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), seuls 20,5 % des Mozambicains utilisaient Internet en 2024, alors que près de 80 % de la population disposait d’un téléphone mobile.
Maputo cherche ainsi à combler le retard d’infrastructures qui pénalise particulièrement les zones rurales. L’accès aux technologies de l’information et de la communication atteint environ 80 % dans les centres urbains, contre seulement 20 % dans les zones rurales, selon l’Institut national des communications du Mozambique.
La fracture est d’autant plus stratégique que 61 % de la population vivait en milieu rural en 2024, d’après la Banque mondiale. Les infrastructures mobiles restent elles-mêmes inégalement déployées : la couverture atteint 88 % pour la 2G, 86 % pour la 3G et 84 % pour la 4G, mais seulement 10 % pour la 5G.
Pour accélérer les investissements, le gouvernement mise sur une combinaison de financements publics, de partenariats avec les opérateurs et d’ouverture à de nouveaux acteurs. Le Fonds de service d’accès universel soutient notamment des projets de connectivité rurale, tandis que le déploiement de 60 nouvelles stations mobiles dans neuf provinces a débuté en octobre 2025.
Maputo a également lancé en mars 2025 le programme « Internet Para Todos », avec l’ambition d’atteindre d’ici 2030 une pénétration mobile de 80 %, une couverture territoriale de 95 % et une disponibilité du réseau de 99 %.
Le gouvernement veut en parallèle faciliter l’entrée d’opérateurs de satellites en orbite basse et d’entreprises spécialisées dans les infrastructures télécoms, tout en accélérant l’extension du réseau de fibre optique. L’objectif est aussi d’améliorer la qualité des connexions, avec des débits visés allant jusqu’à 1 gigabit par seconde sur la 5G.
Cette stratégie s’appuie également sur la mutualisation des infrastructures. En avril 2026, le Mozambique a lancé la phase pilote de son service d’itinérance nationale, permettant aux abonnés d’utiliser le réseau d’un autre opérateur lorsqu’ils se trouvent dans une zone non couverte par leur fournisseur.
Cette mesure doit contribuer à réduire les « zones blanches » et à optimiser les investissements des opérateurs dans un marché où le coût du déploiement rural demeure élevé.
Le défi reste toutefois celui de l’adoption. Avec seulement 20,5 % de pénétration d’Internet en 2024, le Mozambique dispose d’un important réservoir de croissance numérique. Mais transformer cette marge en activité économique nécessitera autant d’investissements dans les infrastructures que dans l’accessibilité des services, les compétences numériques et le pouvoir d’achat des ménages.
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