Ghana : le gouvernement veut transformer 11,5 milliards $ d’investissements en emplois
Le Ghana veut désormais passer de l’annonce des investissements à leur concrétisation. Le gouvernement a fixé à 11,48 milliards de dollars le portefeuille de projets d’investissement recensés dans le pays qu’il entend transformer en activités opérationnelles, avec à la clé des capacités industrielles et des emplois.
Pour Accra, l’enjeu est financier autant qu’économique : attirer des capitaux ne suffit plus si ceux-ci ne se traduisent pas par des usines, une production locale et une création durable de valeur. « L’investissement n’acquiert une réelle valeur économique que lorsqu’il se concrétise au niveau des usines, soutient les entreprises ghanéennes et crée des emplois productifs », souligne le gouvernement.
Cette stratégie marque ainsi un changement de priorité pour les autorités. L’objectif est désormais de convertir le stock de projets annoncés en actifs productifs capables d’élargir la base industrielle et de renforcer les retombées domestiques des capitaux étrangers.
Pour accélérer cette transformation, le gouvernement mise sur une amélioration de l’environnement des affaires. Infrastructures, accès au financement, disponibilité de compétences, prévisibilité réglementaire et efficacité administrative sont identifiés comme les principaux leviers pour attirer puis retenir les investisseurs.
Accra prépare notamment un projet de loi destiné à renforcer les prérogatives de la Ghana Investment Promotion Authority (GIPA) dans la facilitation des investissements. Le ministère du Commerce, de l’Agroalimentaire et de l’Industrie travaille également sur une réforme du cadre réglementaire des entreprises, avec pour objectif de clarifier les obligations de conformité et de renforcer le dialogue entre pouvoirs publics et secteur privé.
Le défi est de taille malgré une dynamique déjà favorable. Le Ghana a attiré 2,62 milliards de dollars d’investissements directs étrangers en 2025, répartis sur 254 projets. Le secteur manufacturier s’est imposé comme le principal bénéficiaire en nombre de projets.
Le gouvernement veut désormais amplifier cet effet en orientant davantage les capitaux vers les secteurs susceptibles de renforcer la production nationale : agroalimentaire, textile et habillement, pharmacie, automobile et fabrication de composants automobiles.
Avec un portefeuille potentiel de près de 11,5 milliards de dollars, Accra dispose d’un important réservoir de capitaux. Mais la performance se mesurera moins au volume des projets recensés qu’à leur capacité à devenir des investissements effectivement réalisés, à générer des revenus et à créer des emplois.
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