Afrique-Chine : Ecobank s’allie au système chinois CIPS pour réduire les frictions des paiements - FINECO Afrique-Chine : Ecobank s’allie au système chinois CIPS pour réduire les frictions des paiements - FINECO

Afrique-Chine : Ecobank s’allie au système chinois CIPS pour réduire les frictions des paiements

Afrique-Chine : Ecobank s’allie au système chinois CIPS pour réduire les frictions des paiements

Le groupe bancaire panafricain Ecobank a annoncé lundi 12 octobre avoir signé, le 10 octobre à Pékin, un protocole d’accord avec le système chinois de paiements CIPS, afin de renforcer les règlements transfrontaliers en yuans entre les entreprises africaines et leurs partenaires commerciaux en Chine.

La signature s’est déroulée en marge de la visite officielle en Chine du président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, en présence du ministre des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola, selon la banque.

Basé à Lomé et présent sur 34 marchés africains, Ecobank entend développer ses services de paiement en renminbi, la monnaie chinoise également appelée yuan. CIPS assure le traitement, la compensation et le règlement des paiements transfrontaliers concernés dans cette devise.

« À mesure que les relations commerciales se renforcent et que les flux d’investissement s’intensifient, les infrastructures financières qui les soutiennent doivent évoluer au même rythme », a déclaré le directeur général du groupe, Jeremy Awori.

Les coûts de paiement au cœur de l’enjeu

Cette initiative intervient dans un contexte d’intensification des échanges sino-africains. Leur montant a atteint un record d’environ 348 milliards de dollars en 2025, selon les données des douanes chinoises. Les importations chinoises en provenance d’Afrique se sont élevées à 123 milliards de dollars, contre environ 225 milliards d’exportations chinoises vers le continent.

Depuis le 1er mai 2026, Pékin a étendu son régime de traitement sans droits de douane à l’ensemble des 53 pays africains avec lesquels il entretient des relations diplomatiques. Les modalités varient selon les catégories de pays : les 33 pays africains les moins avancés bénéficiaient déjà de cette exemption, tandis que le nouveau dispositif prévoit un traitement préférentiel pour les 20 autres pays concernés.

Pour les entreprises africaines, le règlement direct en yuans pourrait réduire certaines conversions intermédiaires de devises. Le passage d’une monnaie locale au dollar, puis à la monnaie chinoise, peut en effet générer des frais supplémentaires. Les économies potentielles dépendront toutefois des commissions bancaires, des taux de change, de la liquidité disponible et des modalités propres à chaque opération.

La mise en place d’un circuit de paiement plus direct représente ainsi un argument commercial pour les banques désireuses de capter et d’accompagner les flux commerciaux entre l’Afrique et la Chine.

Le communiqué ne précise ni les tarifs applicables, ni le calendrier de déploiement par pays, ni le statut de participation envisagé pour les différentes entités d’Ecobank.