Afrique du Sud : Le rand sous pression avant des indicateurs clés
Le rand sud-africain évoluait sous pression mardi matin, les investisseurs réduisant leur exposition aux actifs émergents dans un contexte de regain de tensions au Moyen-Orient, tout en attendant une série de publications économiques susceptibles d’influencer les marchés financiers.
Vers 06h32 GMT, la devise sud-africaine s’échangeait à 16,4575 rands pour un dollar, proche de son niveau de clôture précédent et d’un plus bas de plus de deux semaines. Les cambistes restent prudents avant la publication des chiffres de la production minière de mai et des données sur l’inflation américaine, deux indicateurs susceptibles de modifier les anticipations de politique monétaire et les flux de capitaux vers les marchés émergents.
Les investisseurs surveillent notamment les statistiques de Statistics South Africa, attendues à 09h30 GMT. Après une progression de 8,2 % de la production minière en avril, les économistes interrogés par Reuters anticipent un net ralentissement de la croissance à 1,5 %, un signal important pour une économie où le secteur minier demeure un pilier des exportations et des recettes en devises.
Sur les marchés internationaux, le dollar reculait légèrement face à un panier de devises avant la publication de l’indice des prix à la consommation (CPI) aux États-Unis et le témoignage du président de la Réserve fédérale (Fed), Kevin Warsh, devant le Congrès sur les perspectives de politique monétaire.
L’environnement géopolitique continue également d’alimenter la nervosité des marchés. Les opérateurs suivent de près les développements dans le Golfe après l’annonce du président américain Donald Trump du rétablissement du blocus sur le transport maritime iranien et de l’instauration d’une taxe de 20 % sur les marchandises transitant par le détroit d’Ormuz. Ces mesures ravivent les craintes d’une perturbation des approvisionnements énergétiques mondiaux et d’une nouvelle flambée des prix du pétrole.
Pour l’Afrique du Sud, importatrice nette de produits pétroliers, une hausse durable des cours du brut pourrait accentuer les pressions inflationnistes, détériorer la balance commerciale et compliquer la trajectoire de la politique monétaire. Dans ce contexte, le gouvernement a proposé une refonte du dispositif de stockage stratégique des carburants, avec l’instauration de réserves obligatoires pour l’État et les opérateurs privés afin de limiter les risques de rupture d’approvisionnement.
Le marché obligataire reflétait également cette montée de l’aversion au risque. L’obligation souveraine sud-africaine de référence à échéance 2035 reculait en début de séance, son rendement progressant de 7,5 points de base pour atteindre 8,42 %, signe d’une demande plus faible pour la dette publique du pays.
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