Afrique du Sud : un nouveau fonds pour attirer les capitaux privés dans les infrastructures
Après des années marquées par l’octroi de garanties souveraines à des entreprises publiques en difficulté, l’Afrique du Sud cherche à réinventer son modèle de financement des infrastructures. Le gouvernement dirigé par le président Cyril Ramaphosa a annoncé la création d’un véhicule de garantie de crédit destiné à mobiliser des capitaux privés sans alourdir davantage le bilan de l’État.
Ce mécanisme sera supervisé par la Development Bank of Southern Africa (DBSA) et intervient dans un contexte où les engagements hors bilan liés aux entreprises publiques atteignent encore 661 milliards de rands, soit environ 40 milliards de dollars. L’objectif est de soutenir le financement de grands projets d’infrastructures tout en limitant l’exposition budgétaire du gouvernement.
Le nouveau fonds sera doté d’un capital initial de 500 millions de dollars. Grâce à un mécanisme de rehaussement de crédit, les autorités espèrent générer un effet de levier pouvant atteindre quatre fois ce montant. La capacité d’intervention du véhicule devrait ainsi augmenter progressivement à mesure qu’il obtiendra des notations favorables sur les marchés financiers.
Plusieurs institutions financières internationales ont déjà manifesté leur intérêt pour l’initiative. La Banque mondiale, via sa branche de prêt Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), a engagé 350 millions de dollars. La Banque africaine de développement, la Société financière internationale, la banque allemande KfW ainsi que la Industrial Development Corporation of South Africa ont également exprimé leur volonté de participer au dispositif.
Le Trésor national sud-africain prendra une participation de 20 % dans le capital du fonds. Cette part pourrait atteindre 30 % si l’on inclut les contributions d’autres entités publiques impliquées dans le projet.
Les besoins d’investissement auxquels ce nouveau mécanisme devra répondre sont considérables. L’extension du réseau de transport d’électricité constitue l’une des priorités majeures du pays. Le projet prévoit la construction de 14 000 kilomètres de nouvelles lignes, nécessaires pour exploiter pleinement le potentiel des énergies renouvelables sur la façade ouest. À lui seul, ce programme nécessite près de 440 milliards de rands d’investissements.
Parallèlement, la modernisation des infrastructures portuaires et ferroviaires devrait mobiliser environ 330 milliards de rands supplémentaires. Au total, le gouvernement sud-africain a prévu 1 070 milliards de rands de dépenses d’infrastructures sur trois exercices budgétaires. Un effort financier massif qui, selon les autorités, ne pourra être pleinement réalisé sans une mobilisation significative des capitaux privés.
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