Botswana : la CEA mobilisée pour assainir les finances sur la santé
La Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) et le gouvernement du Botswana renforcent leur coopération pour assainir le financement de la santé et soutenir la transformation économique du pays. Au cœur de ce partenariat : améliorer l’efficacité des dépenses sanitaires, accélérer la couverture santé universelle (CSU) et mieux articuler les investissements dans la santé avec les priorités nationales de développement.
En mission de haut niveau à Gaborone, une délégation de la CEA conduite par Aboubakri Diaw, chef de cabinet, a échangé avec le vice-président et ministre des Finances, Ndaba Nkosinathi Gaolathe, le ministre des Relations internationales, Phenyo Butale, et le ministre adjoint de la Santé, Lawrence Ookeditse. Cette mission a été menée en coordination avec Wenyan Yang, coordinatrice résidente des Nations unies au Botswana.
L’un des principaux résultats de ces échanges est l’accord visant à mettre en place un groupe de travail technique conjoint, présidé par le ministère des Finances et coprésidé par celui de la Santé, avec l’appui technique de la CEA. Un plan d’action de 100 jours doit guider la mise en œuvre des mesures prioritaires destinées à renforcer le financement sanitaire et à accélérer les progrès vers la CSU.
Lors des discussions avec le vice-président Gaolathe, les participants ont insisté sur la nécessité d’inscrire les réformes du financement de la santé dans la stratégie de diversification économique du Botswana. Le pays entend notamment réduire sa dépendance aux revenus des diamants et accroître ses investissements dans le capital humain.
Le Botswana a déjà progressé dans l’élargissement de l’accès aux soins financés sur fonds publics et dans la protection des ménages contre des dépenses de santé élevées à leur charge. Mais les pressions budgétaires croissantes, l’augmentation des coûts médicaux et l’évolution des besoins sanitaires imposent de rendre le financement plus soutenable. L’enjeu est aussi d’obtenir de meilleurs résultats sanitaires avec les ressources disponibles.
Les échanges avec le ministre adjoint de la Santé, Lawrence Ookeditse, ont porté sur le renforcement des soins de santé primaires, la promotion de l’assurance maladie nationale (NHI), l’amélioration de la gestion des finances publiques et de l’allocation des ressources, ainsi que le développement des systèmes numériques pour rendre les services de santé plus efficaces.
Les discussions ont également souligné la nécessité de renforcer les achats, d’améliorer le suivi des dépenses et de veiller à ce que les ressources soient dirigées vers les services prioritaires et les besoins de la population.
Pour accompagner ces réformes, la CEA apportera son expertise en analyse économique, en finances publiques, en harmonisation des données, en modélisation de scénarios et en évaluation des politiques fondée sur des données probantes. Cette assistance technique doit contribuer à mieux relier les investissements sanitaires, la qualité des services et les objectifs plus larges de développement économique.
Avec le ministre des Relations internationales, Phenyo Butale, la délégation a également examiné des possibilités de coopération dans le développement du capital humain, la transformation numérique, la logistique sanitaire et d’autres secteurs susceptibles de soutenir la diversification économique et une croissance durable.
Aboubakri Diaw a souligné l’importance de réformes pilotées par les pays, d’une coordination institutionnelle solide et de résultats mesurables pour transformer les engagements de financement de la santé en améliorations concrètes des services et des résultats de développement.
La délégation a par ailleurs échangé avec Wenyan Yang sur l’alignement de l’assistance technique de la CEA sur le Cadre de coopération des Nations unies pour le développement durable au Botswana, ainsi que sur le renforcement de la coordination au sein de l’équipe pays de l’ONU.
La coordinatrice résidente a insisté sur l’importance d’un soutien coordonné des Nations unies, de l’apprentissage entre pays et de la mobilisation des avantages comparatifs des différentes entités onusiennes pour faire avancer les priorités nationales de développement du Botswana.
Cette mission s’inscrit dans l’initiative de la CEA « Investir dans la santé à l’échelle de l’Afrique », qui accompagne les États membres dans le renforcement du financement national de la santé, l’amélioration de l’efficacité des dépenses et la mise en place de systèmes sanitaires durables et équitables.
À travers la coopération technique et un soutien politique fondé sur des données probantes, cette initiative entend faire de l’investissement dans la santé non seulement une priorité sociale, mais aussi un levier de productivité, de résilience économique et de développement durable.
Pour le Botswana, ce partenariat représente une occasion de consolider les réformes engagées, de renforcer la coordination entre les institutions et de bâtir un financement sanitaire plus efficace, plus équitable et plus durable, en cohérence avec l’ambition de transformation économique du pays.
Nadia SARR
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