BRVM : Une vision stratégique pour la période 2026–2030
À l’ouverture de son intervention, le directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) a replacé l’année 2025 dans un contexte mondial marqué par la montée du protectionnisme, une croissance modérée, une désinflation progressive, mais aussi par la persistance de tensions géopolitiques et un endettement public élevé. Selon lui, ces évolutions traduisent une phase de transition profonde, voire l’émergence d’un nouvel ordre économique mondial, plus fragmenté et moins prévisible, auquel les marchés financiers, y compris régionaux, doivent désormais s’adapter.
Dans ce contexte incertain, la BRVM a rappelé que les marchés de capitaux ne peuvent plus être analysés sous le seul prisme de la performance boursière. Ils sont appelés à jouer un rôle élargi, en tant qu’outils de mobilisation de l’épargne locale, leviers de financement de long terme et instruments de résilience face aux chocs exogènes. La direction de la BRVM a ainsi mis en avant la solidité du cadre macroéconomique de l’UEMOA, soulignant une croissance soutenue de 6,7 % en 2025 et une réduction significative des déficits budgétaires, passés de 8,4 % en 2022 à 4,1 % l’an dernier, autant d’éléments renforçant la crédibilité du marché régional auprès des investisseurs.
Le directeur général est également revenu sur le recours accru des États au marché financier régional, notamment via les émissions obligataires, qu’il a relié aux besoins pressants en infrastructures de base. En 2025, un montant record de 4 204,7 milliards de FCFA, soit environ 7,5 milliards de dollars, a été mobilisé sur le marché primaire. Les emprunts obligataires ont représenté 87,6 % des montants levés, émis à plus de 95 % par les États. Loin d’y voir un déséquilibre structurel, la BRVM considère cette dynamique comme une étape de maturation du marché, les États jouant un rôle d’ancrage et de crédibilité, susceptible de favoriser à terme l’introduction d’instruments plus sophistiqués et l’élargissement de la base d’investisseurs.
Les États de l’UEMOA dominent ainsi ce segment à hauteur de 95,19 %, avec une contribution notable du Sénégal, qui s’est illustré par plus de dix emprunts. Le secteur privé et les organisations régionales complètent ce paysage, avec des levées respectives de 117,1 milliards et 60 milliards de FCFA. Le bilan 2025 met également en lumière la montée en puissance de l’épargne collective, les Fonds communs de titrisation de créances ayant atteint 418,9 milliards de FCFA, soit la plus importante émission du secteur privé dans cette catégorie.
Au-delà de ce bilan, la cérémonie a permis de dévoiler les grandes lignes de la vision stratégique de la BRVM pour la période 2026–2030. La Bourse régionale ambitionne une transformation en profondeur, structurée autour de plusieurs axes majeurs. La transformation technologique figure en tête des priorités, avec une intégration accrue des nouvelles technologies, telles que l’intelligence artificielle, la blockchain et l’exploitation des données, afin d’améliorer l’efficacité, la transparence et l’accessibilité du marché.
La durabilité constitue un autre pilier central de cette stratégie, la BRVM souhaitant promouvoir une finance plus inclusive et accompagner les États et les entreprises dans la structuration de financements alignés sur les enjeux sociaux et environnementaux. Enfin, la direction a annoncé le développement de nouveaux produits, notamment les ETF, ainsi que la mise en place progressive d’un marché des produits dérivés, présentés comme des outils clés pour renforcer la couverture des risques et optimiser les rendements au sein du marché financier régional.
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