Burkina Faso : “e-Dimaakia”, la riposte digitale aux abus sur les billets d’avion de l’État - FINECO Burkina Faso : “e-Dimaakia”, la riposte digitale aux abus sur les billets d’avion de l’État - FINECO

Burkina Faso : “e-Dimaakia”, la riposte digitale aux abus sur les billets d’avion de l’État

Burkina Faso : “e-Dimaakia”, la riposte digitale aux abus sur les billets d’avion de l’État

Le Burkina Faso franchit un cap dans la modernisation de sa gestion publique. Le 24 mars 2026, le gouvernement a officiellement lancé « e-Dimaakia », une plateforme numérique destinée à encadrer de manière plus efficace et transparente l’acquisition des billets d’avion pour les services de l’État.

Portée par le ministère de l’Économie et des finances en collaboration avec celui en charge de la Transition digitale, cette solution vise à mettre fin aux dysfonctionnements observés ces dernières années. Parmi les problèmes identifiés figurent des abus, la volatilité des prix des billets ainsi que des commissions d’agences jugées parfois excessives.

Selon le Directeur général du Contrôle des marchés publics et des engagements financiers (DGCMEF), Alfred Thiombiano, la plateforme ambitionne d’améliorer la célérité des procédures, de renforcer la transparence et la traçabilité, tout en optimisant les coûts pour l’État. Concrètement, « e-Dimaakia » permettra aux autorités contractantes de publier leurs besoins en titres de transport aérien, tandis que les agences agréées pourront soumettre leurs offres dans un cadre concurrentiel structuré.

L’innovation majeure réside dans l’automatisation du processus : la plateforme est conçue pour sélectionner l’attributaire de manière automatique et générer le contrat sans intervention manuelle. À terme, elle devrait devenir le canal unique pour l’achat de billets d’avion au profit de l’administration, à l’exception des contrats déjà en cours de validité.

Le lancement officiel a été effectué par le ministre de l’Économie, Dr Aboubakar Nacanabo, et la ministre de la Transition digitale, Dr Aminata Zerbo. Pour le premier, « moderniser l’action publique, c’est aussi apprendre à piloter nos ressources avec la même rigueur que celles qui guident un avion dans les airs ». Il a appelé les acteurs de la commande publique à s’approprier pleinement cet outil, présenté comme un levier de gouvernance exemplaire.

Reste que plusieurs défis se profilent. L’adoption effective de la plateforme par les responsables des marchés publics, la qualité de la connexion internet ainsi que la capacité à répondre à des demandes urgentes constituent autant d’enjeux à relever pour garantir le succès de cette réforme digitale ambitieuse.