Cameroun : les recettes douanières reculent - FINECO Cameroun : les recettes douanières reculent - FINECO

Cameroun : les recettes douanières reculent

Cameroun : les recettes douanières reculent

Les recettes douanières du Cameroun ont marqué le pas au premier trimestre 2026, révélant un essoufflement des revenus tirés du commerce extérieur. Selon les données officielles, les encaissements se sont établis à 260,9 milliards de FCFA, en baisse de 1,7 % sur un an, soit un taux d’exécution de 89,2 % des objectifs trimestriels. Au total, le Trésor enregistre un manque à gagner de 31,5 milliards de FCFA par rapport aux prévisions.

Cette contre-performance provient essentiellement de l’effondrement des droits de sortie sur les exportations, dont les recettes ont chuté de 47,6 %, passant de 29 milliards à 15,2 milliards de FCFA. Ces recettes n’ont couvert que 49,4 % de l’objectif fixé à 30,8 milliards de FCFA, privant l’État de 13,8 milliards de FCFA de ressources fiscales liées aux exportations.

Ce recul met en lumière la vulnérabilité des finances publiques aux fluctuations du commerce extérieur. Il pourrait refléter la baisse des cours de certaines matières premières, un ralentissement des volumes exportés ou encore l’impact d’exonérations fiscales qui réduisent le rendement des taxes à l’exportation.

À l’inverse, la fiscalité sur les importations continue de soutenir les recettes douanières. Les droits de douane à l’importation ont progressé de 8,6 % pour atteindre 102,7 milliards de FCFA, tandis que la TVA à l’importation a augmenté de 5,8 %, à 119,1 milliards de FCFA. Les droits d’accise perçus à l’entrée ont également gagné 4,3 %, à 14,5 milliards de FCFA.

Cette évolution traduit une dépendance croissante des recettes fiscales à la consommation de biens importés, alors même que les revenus issus des exportations s’érodent. Pour les finances camerounaises, ce déséquilibre souligne la nécessité de renforcer la compétitivité des filières exportatrices et d’élargir les sources de recettes, afin de réduire l’exposition du budget aux chocs sur les marchés internationaux des matières premières.