CEMAC : les particuliers ne détiennent que 3,3 % des titres publics régionaux
Sur un encours régional de 11 016,7 milliards FCFA (18,8 milliards de dollars) de titres publics dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) à fin septembre 2026, les particuliers ne détiennent que 366,2 milliards FCFA, soit 3,3 % du total. Cette participation reste limitée à 2 773 investisseurs individuels, selon les statistiques mensuelles du marché des valeurs du Trésor de la CEMAC, publiées le lundi 2 novembre.
La répartition des placements révèle une nette préférence des particuliers pour les obligations du Trésor assimilables (OTA), qui concentrent 300 milliards FCFA, contre 66,2 milliards pour les bons du Trésor assimilables (BTA). Ces derniers sont des titres de court terme, dont les échéances s’étendent généralement de 13 à 52 semaines. Les OTA représentent ainsi près de 82 % des placements des particuliers sur le marché régional.
La contribution des particuliers au financement des États présente des écarts importants selon les pays. Le Tchad arrive en tête en proportion de son encours national, avec 96,25 milliards FCFA de titres publics détenus par les investisseurs individuels, soit 7,65 % des 1 258,5 milliards de titres en circulation à fin septembre 2026. Leurs placements sont presque exclusivement constitués d’OTA, à hauteur de 96,11 milliards, contre seulement 140 millions FCFA en BTA.
En valeur absolue, le Congo domine le classement, avec 145,63 milliards FCFA détenus par les particuliers. Ce montant représente 4,79 % de son encours de 3 038 milliards. En République centrafricaine, les personnes physiques détiennent 20,3 milliards FCFA, soit 4,2 % des 484 milliards de titres publics en circulation.
Au Gabon, les placements des particuliers atteignent 67,39 milliards FCFA, soit 1,84 % de l’encours national de 3 663,4 milliards. Le Cameroun et la Guinée équatoriale affichent des proportions proches, respectivement de 1,42 % et 1,44 %. Les investisseurs individuels y détiennent 31,03 milliards et 5,6 milliards FCFA de titres publics.
Ces chiffres font ressortir deux configurations distinctes : le Congo concentre le montant le plus élevé de placements des particuliers, tandis que le Tchad se démarque par leur poids dans l’encours national. La participation des investisseurs individuels ne suit donc pas nécessairement la taille du marché des titres publics de chaque pays.
Avec seulement 3,3 % de l’encours régional, les particuliers occupent une place marginale dans le financement des États de la CEMAC. Les conditions de souscription, le montant minimum à investir, la connaissance des produits financiers, leur rémunération et les possibilités de revente sur le marché secondaire figurent parmi les facteurs susceptibles d’influencer leur participation. Les statistiques de la BEAC ne permettent toutefois pas, à elles seules, d’identifier les obstacles auxquels se heurtent les investisseurs individuels.
Une mobilisation accrue de l’épargne des ménages pourrait offrir aux États une source supplémentaire de financement, tout en élargissant leur base de souscripteurs et en réduisant leur dépendance aux investisseurs institutionnels. L’enjeu est d’autant plus important que l’encours régional reste fortement concentré entre quelques catégories de détenteurs. Les spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) possèdent 6 920,4 milliards FCFA, soit 62,8 % du total. Les investisseurs institutionnels en détiennent 2 357 milliards (21,4 %), tandis que les établissements de crédit non-SVT représentent 1 334,4 milliards FCFA (12,1 %).
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