Centrafrique : un investissement de 90 millions $ pour renforcer le réseau électrique
La Centrafrique accélère sur le solaire pour tenter de desserrer l’étau énergétique qui freine son économie. Le groupe émirati Global South Utility Power Enterprises Investment (GSU) a engagé 50 milliards de FCFA, soit environ 90 millions de dollars, dans la construction d’une centrale solaire de 65 MW à Sakaï 2, dans la localité de Bimbo, au sud-ouest de Bangui.
La première tranche de l’infrastructure a été mise en service le 12 août 2026 lors d’une cérémonie présidée par le chef de l’État, Faustin-Archange Touadéra, en présence du directeur général de GSU, Alil Al Shimmar. Pour l’heure, cette première phase injecte 15 MW dans le réseau de l’Énergie centrafricaine (ENERCA), avec l’ambition d’alimenter jusqu’à 300.000 foyers à Bangui et dans ses environs.
La première phase doit desservir les 3e et 9e arrondissements de la capitale avant une extension progressive à l’ensemble de Bangui d’ici décembre 2026, selon le ministre par intérim chargé du Développement de l’Énergie, Rufin Benam Belltoungou.
Sakaï 2 doit surtout contribuer à réduire la dépendance du système électrique à l’hydroélectricité de Boali, dont les installations vieillissantes peinent à suivre l’augmentation de la demande. La centrale solaire de Danzi, d’une capacité de 25 MW, vient déjà compléter cette infrastructure.
L’objectif du gouvernement est de porter les capacités nationales de production à 200 MW à moyen terme, contre environ 75 MW il y a quelques années. Mais l’augmentation de la capacité installée ne constitue qu’une partie de l’équation.
Le déficit énergétique centrafricain reste considérable. Selon la Banque mondiale, seulement 16,8 % de la population avait accès à l’électricité en 2024, l’un des taux les plus faibles d’Afrique centrale.
Le réseau demeure par ailleurs concentré autour de Bangui et de Boali, laissant une grande partie du territoire sans desserte électrique. Le gouvernement vise désormais 50 % d’accès à l’électricité d’ici 2030, un objectif qui suppose non seulement d’augmenter rapidement la production, mais aussi de financer les infrastructures de transport et de distribution.
Cette contrainte est d’autant plus importante que la demande progresse. ENERCA a vendu 166,9 GWh d’électricité en 2025, contre 149 GWh en 2024, soit une hausse de 12 %. Cette progression n’a toutefois pas suffi à éliminer les coupures récurrentes qui affectent Bangui.
Avec Sakaï 2, Bangui mise sur les capitaux étrangers pour accélérer la modernisation de son appareil énergétique. L’investissement de GSU constitue un apport significatif dans un secteur où le déficit de financement reste un obstacle majeur à l’extension de l’offre.
Mais le véritable test sera la capacité du pays à transformer ces nouveaux mégawatts en électricité effectivement disponible pour les ménages et les entreprises. La montée en puissance de Sakaï 2 jusqu’en décembre 2026 devra s’accompagner d’un renforcement des réseaux afin d’éviter qu’une hausse de la production ne soit limitée par les capacités d’acheminement.
Pour la Centrafrique, l’enjeu est donc désormais moins d’annoncer de nouvelles capacités que de convertir l’investissement énergétique en accès réel à l’électricité. Avec un objectif de 50 % d’électrification en 2030, le pays devra maintenir un rythme soutenu d’investissements pour combler un déficit qui reste l’un des principaux freins à son développement économique.
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