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Égypte : la banque centrale lance l’identité financière numérique

Égypte : Le Caire verrouille ses réserves Le gouvernement égyptien et la Banque centrale d’Égypte (BCE) resserrent leur coordination pour protéger les équilibres financiers du pays et préparer la prochaine phase de sa politique économique. Le Premier ministre Mostafa Madbouly et le gouverneur de la BCE, Hassan Abdallah, ont passé en revue, le 24 août, les principaux indicateurs économiques, avec au centre des discussions l’inflation, les entrées de devises et la solidité des réserves de change. Réunis au siège du gouvernement à Nouvelle Alamein, les deux responsables ont jugé le niveau des réserves internationales « rassurant ». Celles-ci s’élevaient à 56,293 milliards de dollars à fin juillet, offrant au pays une capacité accrue pour couvrir ses besoins stratégiques, notamment les importations de produits essentiels. Pour une économie fortement dépendante des importations de gaz naturel, de blé et de denrées alimentaires, le niveau des réserves demeure un indicateur crucial de stabilité macroéconomique. Le gouvernement et l’institut d’émission cherchent ainsi à renforcer simultanément les stocks stratégiques et les flux de devises, tout en poursuivant les efforts de désinflation. Mais au-delà de la gestion immédiate des tensions, Le Caire prépare désormais l’après-FMI. Après une décennie de réformes soutenues par l’institution financière internationale, Mostafa Madbouly a annoncé une « coordination totale » avec la Banque centrale pour élaborer un programme national de transition économique. L’ambition est de mieux articuler les politiques budgétaires, monétaires, financières et sectorielles. Un chantier décisif pour l’Égypte, qui cherche à transformer le redressement de ses réserves en une stabilité durable, moins dépendante des financements extérieurs et des ajustements imposés par les crises de change.

La Banque centrale d’Égypte a approuvé dimanche une nouvelle réglementation encadrant la mise en place d’une plateforme d’identité financière numérique destinée à permettre la vérification et l’identification des clients à distance.

Cette initiative constitue un nouveau levier de la stratégie égyptienne visant à élargir l’accès aux services financiers, réduire la dépendance aux agences physiques et moderniser l’infrastructure numérique du secteur bancaire.

Selon la Banque centrale, la nouvelle plateforme doit permettre à davantage de citoyens d’ouvrir un compte bancaire et d’accéder à des produits et services financiers en ligne sans avoir à se déplacer dans une agence. Un changement susceptible de réduire les coûts d’acquisition des clients pour les banques et d’accélérer la bancarisation d’une population encore partiellement en marge du système financier formel.

Le gouverneur de la Banque centrale, Hassan Abdalla, a présenté le dispositif comme une composante majeure de la transformation numérique et de la stratégie d’inclusion financière du pays.

La réglementation fixe également un cadre de gouvernance destiné à organiser les responsabilités des différentes parties prenantes. Elle prévoit des exigences techniques concernant la protection des données et la cybersécurité, deux enjeux centraux pour un système appelé à gérer à distance des informations financières sensibles.

Pour les banques, l’identification numérique pourrait ouvrir la voie à une distribution plus rapide et moins coûteuse des services financiers. Pour l’économie égyptienne, le défi sera désormais de convertir cette infrastructure réglementaire en un outil opérationnel capable d’élargir effectivement l’accès au crédit, à l’épargne et aux paiements numériques.