Égypte : L’introductions en Bourse de Banque du Caire et ELAB annoncée - FINECO Égypte : L’introductions en Bourse de Banque du Caire et ELAB annoncée - FINECO

Égypte : L’introductions en Bourse de Banque du Caire et ELAB annoncée

Égypte : L’introductions en Bourse de Banque du Caire et ELAB annoncée

L’Égypte veut accélérer la cession d’actifs publics et relancer son marché boursier. La Banque du Caire et la Société égyptienne de benzène alkylé linéaire (ELAB) devraient faire leur entrée en Bourse avant la fin de 2026, a déclaré dimanche 16 août l’assistant du Premier ministre, Hashem El Sayed, à CNBC Arabia.

Pour Banque du Caire, troisième banque publique du pays, la prochaine étape sera la finalisation de sa valorisation. « L’évaluation de la juste valeur […] devrait être achevée prochainement », a indiqué le responsable, ouvrant la voie à une introduction en Bourse avant la fin de l’année.

Le gouvernement égyptien cherche depuis plusieurs années à introduire la banque sur la Bourse égyptienne. Ses 10,25 milliards d’actions sont cotées depuis 2017, mais l’opération n’a jamais été concrétisée.

Le dossier avait notamment buté sur la valorisation lors des négociations engagées avec Emirates NBD pour une cession intégrale du capital. Les discussions, interrompues en juin 2025, avaient opposé les positions des deux parties : le groupe bancaire émirati avait relevé son offre de 1,2 à 1,5 milliard de dollars, tandis que Le Caire maintenait une valorisation de 1,8 milliard de dollars.

Face à cette divergence, les autorités ont finalement privilégié une introduction partielle en Bourse plutôt qu’une vente à un investisseur stratégique. L’opération pourrait ainsi permettre à l’État de monétiser une partie de son actif tout en conservant une participation dans l’établissement.

Dans le calendrier gouvernemental, ELAB apparaît comme le candidat le plus proche d’une cotation avant la fin de l’année.

Créée en 2003, la société pétrochimique produit du benzène alkylé linéaire, utilisé notamment dans la fabrication de détergents, sous licence de la technologie UOP. Sa capacité initiale était de 100 000 tonnes par an, mais sa production a atteint environ 141 000 tonnes en 2025, illustrant l’expansion de ses capacités industrielles.

La mise sur le marché de cette participation publique offrirait à l’État une nouvelle source de liquidités tout en élargissant le nombre d’entreprises accessibles aux investisseurs.

Le mouvement ne se limite pas aux deux opérations annoncées. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) envisage d’acquérir 5% de Misr Life Insurance avant son introduction en Bourse.

Cette perspective renforcerait la crédibilité du programme de privatisation égyptien auprès des investisseurs internationaux et pourrait servir de signal pour d’autres opérations.

Le Caire cherche depuis plusieurs années à accroître le rôle du secteur privé dans l’économie et à réduire progressivement l’empreinte de l’État dans certaines activités commerciales. Fin 2025, le gouvernement a créé une unité dédiée aux entreprises publiques chargée de recenser et d’évaluer les actifs détenus par l’État et de déterminer la taille de son portefeuille.

Pour l’Égypte, l’enjeu est désormais de transformer cette nouvelle architecture de gouvernance en opérations concrètes capables de générer des recettes, d’attirer des capitaux étrangers et de redonner de la profondeur à la Bourse du Caire. Les valorisations retenues et le calendrier effectif des introductions seront déterminants pour mesurer la crédibilité de cette stratégie.