Épargne nationale : Le Togo crée une Caisse des dépôts
Le gouvernement togolais franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de financement du développement. Réuni en Conseil des ministres le 8 juillet, il a adopté un projet de loi portant création d’une Caisse des dépôts et consignations (CDC), une institution financière publique destinée à canaliser l’épargne nationale vers les investissements de long terme, dans un contexte de durcissement des conditions de financement sur les marchés internationaux.
La future CDC agira comme un tiers de confiance chargé de recevoir et de sécuriser les consignations administratives et judiciaires, les cautionnements ainsi que d’autres ressources publiques et privées. Ces fonds seront ensuite investis dans des projets structurants afin de soutenir les infrastructures, le développement économique et les priorités nationales.
Cette initiative intervient alors que les États africains font face à une hausse du coût de la dette et à un accès plus sélectif aux capitaux internationaux. Pour Lomé, la mobilisation de l’épargne domestique devient un levier stratégique afin de diversifier les sources de financement et de limiter la dépendance aux emprunts extérieurs. « Nous poursuivons avec détermination les réformes engagées », a déclaré le président Faure Gnassingbé, affirmant vouloir renforcer l’attractivité de l’économie togolaise.
Le Togo s’inscrit dans un modèle déjà éprouvé. Inspirées de la Caisse des dépôts française créée en 1816, ces institutions jouent un rôle clé dans le financement de long terme. En Afrique, la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) du Maroc constitue la référence, avec un bilan d’environ 382 milliards de dirhams, soit près de 23 000 milliards de FCFA.
En Afrique de l’Ouest, le Bénin offre l’exemple le plus avancé. Sa Caisse des dépôts et consignations, créée en 2018, affichait un bilan de 1 061,97 milliards de FCFA à fin 2024, principalement soutenu par les réserves de la Caisse nationale de sécurité sociale. En Côte d’Ivoire, la CDC a mobilisé 254 milliards de FCFA entre 2019 et 2022, tandis que le Cameroun et le Congo ont récemment rejoint cette dynamique.
Pour les investisseurs, la crédibilité de la future institution dépendra toutefois de sa gouvernance. Les spécialistes estiment que son efficacité reposera sur sa capacité à gérer les ressources de manière autonome et à les orienter vers des investissements productifs, sans devenir un simple instrument de financement du déficit budgétaire de l’État. Les modalités de gouvernance et d’indépendance devraient ainsi constituer l’un des principaux points d’attention lors de l’examen parlementaire.
En parallèle, l’exécutif a adopté un projet de loi sur la modernisation des juridictions commerciales et annoncé l’organisation, le 3 septembre à Lomé, d’une conférence consacrée aux partenariats public-privé (PPP). Ces réformes traduisent la volonté des autorités de renforcer l’environnement des affaires et de stimuler les investissements privés.
Les plus lus - Finance
-
Sénégal : Le nouveau président s’engage contre la corruption
-
Cryptomonnaies : l’Afrique du Sud s’apprête à accorder des licences à 60 sociétés de trading
-
Afrique du sud : Le rand chute en début de séance
-
Afrique du sud : Le rand reste inchangé ce jour
-
Devises : Le rand sud-africain, le shilling kenyan et ougandais se renforcent
