Financement de la santé en Afrique : la CEA veut replacer les budgets au cœur du débat - FINECO Financement de la santé en Afrique : la CEA veut replacer les budgets au cœur du débat - FINECO

Financement de la santé en Afrique : la CEA veut replacer les budgets au cœur du débat

Financement de la santé en Afrique : la CEA veut replacer les budgets au cœur du débat économique

La Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) a ouvert aujourd’hui à Nairobi, au Kenya, un atelier médiatique de trois jours consacré à l’investissement dans la santé en Afrique. Organisée en collaboration avec Twaweza Communications, cette rencontre s’inscrit dans l’initiative « Transforming Health Financing in Africa ». Elle réunit des journalistes de plusieurs pays africains anglophones, notamment du Botswana, de l’Éthiopie et de la Sierra Leone, trois des cinq pays dans lesquels la CEA intervient durant la première année de l’initiative. Des professionnels des médias du Kenya, du Rwanda, de la Tanzanie, de l’Ouganda, de la Zambie et du Zimbabwe participent également aux travaux. Pendant trois jours, ils examineront les initiatives de la CEA en matière de financement de la santé et partageront leurs expériences des systèmes sanitaires nationaux.

L’objectif est de faire évoluer le traitement médiatique de la santé en Afrique. Trop souvent présentée sous l’angle des hôpitaux ou comme une simple ligne de dépenses publiques, elle doit désormais être considérée comme un investissement stratégique, essentiel à la souveraineté, à la résilience économique et à la justice sociale du continent. L’atelier s’appuie sur la Déclaration de Tanger sur le financement durable de la santé en Afrique, adoptée par les ministres en avril 2026 lors de la conférence de la CEA des ministres africains des Finances, de la Planification et du Développement économique, qui a également marqué le lancement de l’initiative. En moyenne, les gouvernements africains financent moins de 41 % des dépenses totales de santé, laissant aux ménages et aux financements imprévisibles des donateurs le soin de combler le déficit.

À l’ouverture des travaux, Aboubakari Diaw, chef de cabinet de la CEA et responsable de l’équipe chargée du financement de la santé, a insisté sur la nécessité de traiter cette question comme un enjeu macroéconomique plutôt que comme une charge budgétaire. Dans la région africaine de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les paiements directs des ménages représentent 35 % des dépenses de santé, un niveau largement supérieur au plafond recommandé. En 2022, 420 millions d’Africains ont subi des difficultés financières liées aux coûts des soins. Vingt-cinq ans après la Déclaration d’Abuja, un seul pays a respecté de manière constante l’engagement d’affecter 15 % de son budget public à la santé. Dans le même temps, l’aide sanitaire extérieure a diminué d’environ moitié.

« Suivez l’argent en amont, du quartier au Trésor », a lancé M. Diaw aux participants. Il les a exhortés à soumettre les parties prenantes — notamment l’ONU, l’OMS, la société civile et les ministres des Finances — au même niveau d’exigence que les ministres de la Santé. Il leur a également demandé de vérifier, pour chaque engagement annoncé, la ligne budgétaire concernée, l’année de référence et les fonds effectivement mobilisés.