Kenya : les réserves de change bondissent à 15,4 milliards $
Les réserves de change du Kenya ont fortement progressé fin juillet, offrant un bol d’air aux finances extérieures du pays alors que Nairobi cherche à réduire la pression liée au remboursement de sa dette en devises. Les réserves ont augmenté de 1,54 milliard de dollars pour atteindre 15,4 milliards de dollars au 30 juillet 2026, selon les données publiées vendredi 31 juillet par la Banque centrale du Kenya (CBK).
Ce niveau représente désormais 6,4 mois de couverture des importations, contre 5,9 mois une semaine auparavant. Il dépasse largement le seuil réglementaire de quatre mois fixé à la banque centrale et renforce la capacité du pays à absorber d’éventuels chocs extérieurs, notamment sur les marchés des changes et des matières premières.
« Ce niveau répond à l’obligation légale imposée à la Banque centrale du Kenya de maintenir une couverture des importations d’au moins quatre mois », a souligné la CBK.
Sur le marché des changes, le shilling kényan s’est légèrement apprécié face au dollar. Il s’échangeait à 129,40 shillings pour un dollar le 30 juillet, contre 129,53 une semaine plus tôt. La banque centrale estime que la monnaie est restée globalement stable face aux principales devises internationales et régionales.
Cette amélioration des réserves intervient alors que le Kenya tente de réorganiser son profil de dette extérieure. Le gouvernement a lancé le rachat de 500 millions de dollars d’euro-obligations arrivant à échéance en 2028 et 2032. L’opération doit être financée par l’émission d’un nouvel eurobond à maturité plus longue.
L’objectif est de réduire le risque de concentration des remboursements et d’étaler dans le temps les besoins de financement du Trésor. Pour Nairobi, l’enjeu est de desserrer la contrainte exercée par le service de la dette sur les finances publiques, tout en préservant l’accès du pays aux marchés internationaux de capitaux.
Les autorités misent ainsi sur plusieurs leviers : allongement des maturités, recours accru aux financements concessionnels et opérations de swaps de devises. Cette stratégie vise à limiter les besoins immédiats de liquidités en devises et à mieux maîtriser l’exposition du pays aux fluctuations du dollar.
La progression des réserves s’explique également par des opérations exceptionnelles de mobilisation de capitaux. Le Parlement kényan a notamment approuvé, le 31 mars, la cession d’une partie des participations de l’État dans Safaricom, première entreprise de télécommunications du pays.
Cette opération a contribué à alimenter les réserves de change et à renforcer le matelas financier de la banque centrale. Elle intervient dans un contexte où Nairobi cherche à multiplier les sources de financement pour réduire sa vulnérabilité face aux échéances extérieures.
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