Microfinance dans l'UMOA : les créances à risque reculent - FINECO Microfinance dans l'UMOA : les créances à risque reculent - FINECO

Microfinance dans l’UMOA : les créances à risque reculent

Les institutions de microfinance de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) ont amélioré la qualité de leur portefeuille de crédits en 2025, sans toutefois parvenir à ramener les créances en souffrance dans les limites réglementaires, un signal qui continue d’alimenter les préoccupations sur la solidité financière du secteur malgré une croissance soutenue de son activité.

Le taux brut de dégradation du portefeuille est ressorti à 7,5 % à fin décembre 2025, contre 8,9 % un an plus tôt, selon le rapport annuel 2025 de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), publié le 22 juillet. Ce niveau demeure néanmoins largement supérieur au plafond réglementaire de 3 %, illustrant la persistance des risques de crédit au sein des systèmes financiers décentralisés.

Cette amélioration intervient dans un contexte d’expansion continue de la microfinance dans l’Union. Les dépôts collectés ont progressé de 13,6 % sur un an pour atteindre 2.793,1 milliards de FCFA, contre 2.459 milliards un an plus tôt. Les dépôts à vue concentrent plus de la moitié des ressources mobilisées (55,5 %), devant les dépôts à terme (22,7 %) et les autres formes de dépôts (21,8 %).

L’encours des crédits a, pour sa part, augmenté de 9 % en rythme annuel, à 2.937,2 milliards de FCFA, reflétant une poursuite du financement des ménages et des petites activités économiques. Les crédits de court terme représentent 45,8 % du portefeuille, contre 35,6 % pour les financements à moyen terme et 18,6 % pour ceux de long terme.

Le secteur poursuit également son élargissement. À fin décembre 2025, l’UMOA comptait 524 institutions de microfinance agréées, desservant 20,4 millions de clients, contre 19,1 millions un an auparavant, soit une progression de 6,6 %. Cette dynamique confirme le rôle croissant de la finance décentralisée dans l’inclusion financière au sein de l’Union.

Pour autant, la BCEAO estime que la résilience du secteur dépend désormais moins de sa croissance que de sa capacité à maîtriser le risque de crédit. L’institution identifie comme priorités le renforcement de la gouvernance, l’amélioration des dispositifs de contrôle interne, la professionnalisation des acteurs ainsi qu’un suivi plus rigoureux des financements accordés et du recouvrement des créances en souffrance.

Dans cette optique, la banque centrale accélère le renforcement de sa supervision. Elle a notamment déployé la Solution informatique centralisée de suivi des Systèmes financiers décentralisés (SICS-SFD), une plateforme destinée à centraliser, automatiser et harmoniser la surveillance des institutions de microfinance, alors que le secteur prend une place de plus en plus importante dans le financement des économies de l’Union.