Mozambique : l’INP ouvre un audit des coûts récupérables des grands projets gaziers - FINECO Mozambique : l’INP ouvre un audit des coûts récupérables des grands projets gaziers - FINECO

Mozambique : l’INP ouvre un audit des coûts récupérables des grands projets gaziers

Mozambique : l’INP ouvre un audit des coûts récupérables des grands projets gaziers

L’Instituto Nacional do Petróleo (INP), régulateur pétrolier mozambicain, renforce son contrôle sur les dépenses des grands projets gaziers du pays. L’institution a lancé jeudi 17 septembre un appel d’offres pour recruter un cabinet de consultants chargé d’auditer les dépenses déclarées comme récupérables par les opérateurs des deux principaux projets gaziers du Mozambique, dans le bassin du Rovuma, au nord du pays.

Les coûts récupérables correspondent aux investissements et dépenses qu’un opérateur pétrolier est autorisé à déduire des revenus de production avant le versement de la part revenant à l’État. Leur validation constitue ainsi l’un des points les plus sensibles des contrats de concession pétrolière, puisqu’elle détermine directement le niveau des recettes publiques, rappelle le régulateur.

D’après les informations rapportées par Club of Mozambique, la Zone 1, développée par le consortium Mozambique LNG sous la direction du groupe français TotalEnergies, sera auditée pour les exercices 2025 et 2026. La Zone 4, qui comprend la plateforme flottante Coral Sul, le projet Coral Norte, opérés par l’italien Eni, ainsi que le projet terrestre Rovuma LNG conduit par l’américain ExxonMobil, sera couverte sur une période plus large, de 2024 à 2026. Les deux blocs concentrent l’essentiel des 180 Tcf de réserves de gaz naturel de la zone, selon les données de l’INP.

L’appel d’offres intervient trois mois après l’adoption de la loi n° 8/2026 du 3 juin, qui a officiellement élevé l’INP au rang d’Autorité de régulation pétrolière. Le texte lui attribue désormais des pouvoirs d’inspection, de supervision et de sanction sur l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur, notamment pour vérifier les coûts récupérables déclarés par les concessionnaires.

Cette offensive intervient dans un contexte de tension avec TotalEnergies. Un précédent audit réalisé par le cabinet britannique Bayphase, mandaté par le gouvernement mozambicain, avait fait apparaître un écart d’environ 2 milliards de dollars entre les dépenses réclamées par la major française au titre de la période de force majeure, déclenchée en avril 2021 après les attaques jihadistes à Cabo Delgado, et les montants effectivement vérifiables.

TotalEnergies avait présenté des dépenses préliminaires d’un peu plus de 5 milliards de dollars, dont environ 60 % seulement étaient documentés, selon Bayphase. Le gouvernement mozambicain a confirmé l’existence de cet audit sans commenter ses conclusions. Le différend demeure à ce jour non résolu.

Le nouveau contrôle intervient alors que TotalEnergies a repris début 2026 la construction sur le site d’Afungi, avec un objectif de premières livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) au premier semestre 2029. Dans le même temps, ExxonMobil se prépare à prendre sa décision finale d’investissement pour Rovuma LNG.