Nigeria : la REA mise sur un mini-réseau hybride de 1,5 MW
Le Nigeria accélère le déploiement de solutions énergétiques décentralisées pour tenter de réduire l’un des plus importants déficits d’accès à l’électricité au monde. La Rural Electrification Agency (REA) a lancé la construction d’un mini-réseau hybride interconnecté d’une capacité de 1,5 MW à Pankshin, dans l’État de Plateau, avec le soutien de la Banque africaine de développement (BAD).
L’annonce a été faite mardi 21 juillet par Abba Aliyu, directeur général de la REA, qui a précisé que le projet s’inscrit dans le cadre du « Nigeria Electrification Project ». « Il s’agit de notre deuxième étape majeure dans l’État de Plateau », a-t-il déclaré, après la mise en service, en novembre dernier, d’un mini-réseau solaire de 50 kWc dans la communauté de Namu.
Le projet de Pankshin doit être connecté au réseau électrique local afin d’améliorer l’approvisionnement des ménages, des entreprises et des activités économiques. Selon les informations communiquées par MASK Nigeria Limited, le développeur du projet, l’installation comprendra une batterie de stockage de 2 MWh et un générateur de secours de 600 kW.
Les autorités n’ont toutefois pas encore dévoilé le coût de l’investissement, le montage financier retenu ni la date prévue pour la mise en service. Ces éléments seront déterminants pour mesurer l’impact économique réel du projet et sa capacité à être répliqué dans d’autres zones déficitaires.
Un déficit électrique qui pèse sur l’économie
L’initiative intervient dans un pays confronté à un déficit énergétique massif. Plus de 80 millions de Nigérians étaient encore privés d’électricité en 2024, selon l’édition 2026 du rapport Tracking SDG7. Le Nigeria conserve ainsi le plus important déficit d’accès à l’électricité au monde, devant la République démocratique du Congo et l’Éthiopie.
Cette situation constitue un frein majeur à l’activité économique. Pour les entreprises, les coupures d’électricité entraînent un recours coûteux aux groupes électrogènes, tandis que les ménages supportent une facture énergétique alourdie par l’utilisation de solutions alternatives. Le déficit d’approvisionnement affecte également la productivité industrielle et la compétitivité du pays.
Face à cette contrainte, la REA cherche à accélérer les investissements dans les mini-réseaux, les systèmes solaires domestiques et les partenariats avec le secteur privé. Le « Nigeria Electrification Project » a déjà permis de soutenir 125 mini-réseaux et l’installation de plus d’un million de systèmes solaires individuels, donnant accès à l’électricité à plus de 5,5 millions de personnes, selon la Banque mondiale.
Les mini-réseaux comme levier d’investissement
Dans les zones rurales éloignées du réseau national, les mini-réseaux offrent une alternative moins coûteuse que l’extension systématique des infrastructures centralisées. Ils permettent de fournir une électricité de proximité à des communautés parfois totalement privées d’accès à l’énergie.
Dans les territoires déjà desservis mais confrontés à une alimentation instable, ils peuvent également réduire la dépendance aux générateurs diesel, dont le coût d’exploitation pèse lourdement sur les ménages et les entreprises.
Mais l’enjeu pour le Nigeria dépasse désormais les projets isolés. Avec un déficit de plusieurs dizaines de millions de personnes, le pays doit changer d’échelle et attirer davantage de capitaux privés pour financer les infrastructures énergétiques. La multiplication des mini-réseaux constitue une réponse pragmatique, mais leur déploiement devra être suffisamment rapide et massif pour transformer durablement l’accès à l’électricité et soutenir la croissance économique.
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