Procès : Binance négocie en coulisses avec le fisc nigérian
Le géant des cryptomonnaies Binance Holdings Limited a annoncé mardi qu’il explorait une issue aux accusations de fraude fiscale engagées par le gouvernement fédéral nigérian, laissant entrevoir une possible pause dans une procédure judiciaire très suivie.
L’information a été révélée par l’avocat de la société, Sunday Agaji, lors d’une audience devant le juge Emeka Nwite de la Haute Cour fédérale d’Abuja. Une déclaration confirmée par Moses Ideho, représentant du Service fédéral des impôts du Nigeria, qui a indiqué que des discussions étaient en cours en vue d’un règlement à l’amiable.
Alors que l’affaire devait suivre son cours devant les tribunaux, le représentant de l’administration fiscale a précisé avoir été informé en amont par la défense de démarches engagées par l’entreprise pour entamer des négociations. « Les parties étudient des pistes de règlement », a déclaré Me Agaji, soulignant que les échanges se poursuivent.
À l’issue de l’audience, le juge Nwite a décidé d’ajourner l’affaire au 12 mai, date à laquelle un rapport sur l’état des négociations devra être présenté. Le dossier, qui inclut quatre chefs d’inculpation pour fraude fiscale, avait déjà connu des développements récents, notamment avec l’audition d’un quatrième témoin à charge.
Lors d’une précédente comparution, le 12 juillet 2024, le représentant nigérian de Binance, Ayodele Omotilewa, avait plaidé non coupable au nom de l’entreprise. Cette audience faisait suite à une modification de l’acte d’accusation, recentrant les poursuites exclusivement sur la société et entraînant la libération de deux de ses dirigeants, Tigran Gambaryan et Nadeem Anjarwalla.
Dans une décision rendue en juin 2024, le juge Nwite avait officiellement retiré leurs noms du dossier après la révision des charges. Toutefois, les ennuis judiciaires de Binance au Nigeria ne s’arrêtent pas là.
En parallèle, la Economic and Financial Crimes Commission poursuit également l’entreprise pour blanchiment d’argent présumé, portant sur un montant de 35,4 millions de dollars. De son côté, l’administration fiscale a engagé une procédure civile distincte devant un autre juge fédéral, Mohammed Umar, réclamant près de 79,5 milliards de dollars.
Face à cette pression judiciaire multiple, Binance semble désormais privilégier la voie de la négociation, dans l’espoir de désamorcer une crise aux lourdes implications financières et réputationnelles.
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