Révolution fiscale : le Nigeria engage le contrôle automatisé dès 2026
Le Nigeria engage une transformation majeure de son administration fiscale en abandonnant progressivement le régime d’auto-évaluation au profit d’un système automatisé fondé sur la validation algorithmique des déclarations. Désormais, les autorités fiscales exploiteront des données électroniques issues de sources indépendantes pour vérifier, en amont, les revenus et dépenses des entreprises, marquant une refonte structurelle du contrôle de conformité.
Lors d’un webinaire organisé par KPMG intitulé « Renforcer la fonction fiscale pour répondre aux changements réglementaires », Tania Davids, responsable de la fiscalité et de la transformation pour l’Afrique, a annoncé : « Dans un horizon de cinq à dix ans, l’analyse des déclarations fiscales sera entièrement automatisée. »
Concrètement, l’administration pourra disposer du profil financier d’une entreprise avant même le dépôt de sa déclaration annuelle. Cette évolution réduit la dépendance aux déclarations volontaires et renforce la capacité de l’État à contrôler les flux à la source.
Les grandes entreprises ont déjà achevé les phases pilotes. L’entrée en vigueur du dispositif est prévue pour avril 2026. Les entreprises de taille intermédiaire seront intégrées en juillet 2026, avec une application effective à partir de janvier 2027, tandis que les structures émergentes rejoindront le système courant 2027.
La facturation électronique constitue le socle technique de la réforme. Grâce aux données transmises par les banques et institutions financières, chaque transaction est enregistrée et rapprochée automatiquement : les factures des fournisseurs sont croisées avec les charges déclarées par les acheteurs. Toute incohérence déclenche une alerte, limitant les risques de sous-déclaration ou de manipulation des marges.
Contrairement aux audits traditionnels périodiques, ce modèle numérique instaure un suivi continu. Adeniyi Adeyemi, responsable fiscal du groupe Sterling Financial, souligne que le processus décisionnel reposait auparavant sur des validations humaines successives ; le nouveau système introduit un protocole automatisé de remontée d’information.
À terme, l’intégration approfondie des bases de données permettra une validation quasi en temps réel et pourrait aboutir au préremplissage des formulaires fiscaux, transformant l’auto-évaluation en vérification algorithmique.
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