Sénégal : le Trésor lève 77 milliards FCFA sur l’UEMOA - FINECO Sénégal : le Trésor lève 77 milliards FCFA sur l’UEMOA - FINECO

Sénégal : le Trésor lève 77 milliards FCFA sur l’UEMOA

Sénégal : le Trésor lève 77 milliards FCFA sur l’UEMOA

Le Sénégal a mobilisé 77 milliards de FCFA sur le marché régional pour financer ses besoins budgétaires, au prix d’un coût de financement pouvant dépasser 8%. La Direction générale des financements et de la dette (DGFD) a bouclé vendredi 14 août 2026 une émission simultanée de bons du Trésor à 364 jours et d’obligations à 3 et 5 ans, avec l’appui d’UMOA-Titres.

L’opération avait été calibrée pour 70 milliards de FCFA, mais les investisseurs ont soumis au total 110,078 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 157,26%. Face à cette demande, le Trésor sénégalais a retenu 77 milliards de FCFA et rejeté 33,078 milliards, portant le taux d’absorption à 69,95%.

Cette mobilisation intervient alors que Dakar doit maintenir un accès régulier au marché régional pour couvrir ses besoins de trésorerie et financer son budget, dans un environnement où le coût de la dette demeure un enjeu central.

Le coût du financement varie fortement selon la maturité. Les investisseurs retenus obtiennent un rendement moyen pondéré de 8,04% sur les bons à 364 jours.

Pour les obligations, le rendement ressort à 7,73% pour les titres à trois ans et atteint 8,20% pour ceux à cinq ans. Ces niveaux donnent une indication du prix auquel le Sénégal doit accéder aux ressources du marché régional.

Les obligations affichent toutefois des coupons inférieurs à leurs rendements effectifs : 6,30% pour les titres à trois ans et 6,45% pour ceux à cinq ans, avec un paiement annuel des intérêts à compter de la première année.

Le remboursement des bons à 364 jours est prévu le premier jour ouvré suivant leur échéance, fixée au 15 août 2027. Les intérêts seront payés d’avance, par précompte sur la valeur nominale des titres. Pour les obligations, le remboursement du capital interviendra respectivement le 17 août 2029 pour les titres à trois ans et le 17 août 2031 pour ceux à cinq ans.

L’opération permet ainsi au Sénégal de diversifier son profil de financement en combinant une ressource de court terme avec des maturités obligataires plus longues. Mais elle illustre aussi la pression exercée par le coût du marché sur les finances publiques : avec un rendement allant jusqu’à 8,20% sur cinq ans, chaque nouvelle levée accroît mécaniquement la charge future du service de la dette.

La forte demande des investisseurs, supérieure de plus de 40 milliards de FCFA au montant initialement recherché, témoigne néanmoins de la capacité du Sénégal à mobiliser des ressources sur le marché régional. Pour Dakar, l’enjeu sera désormais de préserver cet accès tout en contenant le coût du financement et le poids des intérêts dans les dépenses publiques.