Zambie : Hichilema réélu, les investisseurs attendent le verdict du FMI - FINECO Zambie : Hichilema réélu, les investisseurs attendent le verdict du FMI - FINECO

Zambie : Hichilema réélu, les investisseurs attendent le verdict du FMI

Zambie : Hichilema réélu, les investisseurs attendent le verdict du FMI

La réélection de Hakainde Hichilema offre à la Zambie la continuité politique recherchée par les investisseurs, mais son second mandat devra rapidement démontrer sa capacité à convertir la stabilisation macroéconomique en croissance durable. Le premier test se jouera autour des négociations attendues avec le Fonds monétaire international (FMI), alors que Lusaka cherche à consolider les acquis de sa restructuration de dette.

Les résultats publiés mardi matin par la commission électorale donnent à Hichilema environ 60% des suffrages, contre 38% pour son principal adversaire, Brian Mundubile.

Pour les marchés, cette victoire réduit le risque d’un changement brutal de politique économique après un premier mandat consacré à la restructuration de la dette et aux réformes soutenues par le FMI.

La Zambie sort de plusieurs années de turbulences. En 2020, elle est devenue le premier État souverain africain à faire défaut sur sa dette pendant la pandémie de Covid-19. Le gouvernement Hichilema a depuis engagé une restructuration complexe de ses engagements, tout en cherchant à restaurer la discipline budgétaire.

Cette trajectoire a toutefois été perturbée par la sécheresse, les pénuries d’électricité et la faiblesse du kwacha. Pour les investisseurs, l’enjeu est désormais de savoir si les progrès enregistrés sur l’inflation, les finances publiques et la dette peuvent se traduire par une accélération de l’investissement privé.

« Pour les investisseurs, Hichilema incarne la continuité », estime Stuart Culverhouse, économiste en chef chez Tellimer. Le défi consiste désormais, selon lui, à capitaliser sur la stabilité macroéconomique retrouvée tout en accélérant la croissance. Le premier signal sera probablement donné par le FMI.

La Zambie ambitionne de conclure un nouveau programme avec le FMI d’ici la fin de l’année, après l’expiration en janvier de son précédent accord de 1,7 milliard de dollars.

Le gouvernement considère ce partenariat comme un ancrage essentiel de sa politique économique. Le ministre des Finances, Situmbeko Musokotwane, avait indiqué avant le scrutin que de nouveaux investissements étaient indispensables pour soutenir la croissance et créer des emplois, tout en jugeant prématuré un retour immédiat de Lusaka sur les marchés obligataires internationaux.

Les investisseurs voient pourtant dans une éventuelle réémission d’euro-obligations un moyen de rétablir progressivement la présence de la Zambie sur les marchés internationaux. Une telle opération permettrait notamment de créer une courbe de référence pour la dette privée du pays.

Sur le marché obligataire, la réaction est pour l’instant mesurée. L’euro-obligation zambienne libellée en dollars et arrivant à échéance en 2033 s’échangeait mardi autour de 97,72 cents, restant globalement stable malgré un environnement moins favorable aux dettes africaines.

La réélection de Hichilema a donc offert aux investisseurs ce qu’ils recherchaient : de la visibilité. Mais cette prime de continuité devra désormais être confortée par les résultats économiques.

Entre nouvel accord avec le FMI, discipline budgétaire, retour éventuel sur les marchés internationaux et montée en puissance du cuivre, le second mandat de Hichilema s’annonce comme un test de crédibilité financière. Pour Lusaka, le défi sera de passer de la réparation de l’économie à une véritable phase d’expansion, sans compromettre les équilibres encore fragiles restaurés au cours du premier mandat.